1 Juin 2015

Historique des événements

27/03/2015 : Fin d'exploitation commerciale du satellite Spot 5

Point presque final d'une grande aventure commencée en 1986 avec SPOT 1, après presque 13 ans de bons et loyaux services, la mission commerciale de SPOT 5 a été arrêtée le 27 mars 2015.

Mais SPOT 5 n'est pas mort pour autant : suite au succès de l'expérimentation TAKE 5 sur SPOT 4, une nouvelle édition, cofinancée par l'ESA, a été décidée sur SPOT 5.

Cette expérimentation fin de vie a pour objectif, comme la précédente, de préparer l'arrivée des satellites SENTINEL-2 de l'ESA (lancements prévus en juin 2015 et 2016). Il s'agit de mettre SPOT 5 sur une orbite à forte répétitivité (5 jours) et d'acquérir environ 150 sites prédéfinis tous les 5 jours pendant 5 mois, soit 30 acquisitions de chaque site, afin de suivre l'évolution de la végétation et des cultures d'été.

Le 2 avril, l'orbite de SPOT 5 a été abaissée de 2,5 km afin de rallier une orbite à 820 km avec une répétitivité de 5 jours.

Après une période intense de préparation, les images TAKE 5 seront programmées par les ingénieurs mission depuis le CMP SPOT pendant toute la durée de l'opération (jusqu'à début septembre). Les premières images sont attendues pour le 8 avril.

Un petit film pour expliquer à quoi peut servir cette expérience Take 5 :


take-5 : l'expérience pour préparer la mission... par Cesbio


11/01/2013 : Le satellite Spot 4 a ete officiellement retire du service

SPOT4 est mort, vive Take five ! Cette formule consacrée ne s'applique encore pour SPOT4 qu'à la programmation commerciale, mais on peut avoir le plaisir de l'énoncer car c'est bien un roi de l'imagerie optique qui a tiré sa révérence avec la fin de son exploitation commerciale le 11 janvier dernier.

Dans ce cadre d'utilisation, SPOT4, c'est en effet 15 années de bons et loyaux services, avec un volume de programmation réalisé de l'ordre d'une dizaine de millions de scènes archivées, avec une indisponibilité de moins de 0,3% du temps passé en orbite (0,7% en incluant les indisponibilités liées directement à la prolongation de sa durée de vie initiale).

Il est l'avant dernier d'une famille de satellites au compromis couverture au sol/résolution inégalée, qui trouve son point d'orgue avec SPOT5 (2,5 m couleur sur une zone de 60 km x 60 km), et sa descendance dans PLEIADES.

Ces caractéristiques ont une reconnaissance internationale par le biais de l'activité de SPOT Image, ou par des biais plus marginaux.
On peut citer parmi eux son utilisation pour la Charte internationale de catastrophe majeures, où la famille SPOT est la plus sollicitée de la flotte internationale disponible pour intervenir sur zone (SPOT est sollicité pour 3 activations sur 4 en moyenne).

Spot4 tire sa révérence avec panache, car il va être utilisé pour préparer le futur.
A partir de fin janvier, il s'offre une nouvelle mission : Take five.

Pour cette nouvelle mission, l'orbite de Spot4 sera abaissée de 2,5 km pour le positionner sur une orbite à forte revisite (5 jours), afin de préparer les algorithmes, méthodes et applications de la future mission pour la composante optique de GMES, Sentinel-2.

SPOT4 permettra ainsi de combiner une répétitivité équivalente à celle de Sentinel-2 avec une large fauchée (120 km en bi-instrument), une résolution du même ordre de grandeur et 4 bandes spectrales.

Au niveau national, de nombreux utilisateurs scientifiques (80 laboratoires dont CESBIO, INRA, CEA, CIRAD, IFREMER, IRSTEA,METEO FRANCE, CETE, DREAL...) se sont déclarés enthousiastes à l'idée d'accéder à de telles données.
Cette mission offre également d'intéressantes perspectives de collaboration internationale puisqu'elle compte 4 partenaires internationaux : la [no-lexicon]NASA[/no-lexicon], l'ESA, le JRC et le CCRS.

Ce sont 42 sites dont 16 en France qui seront systématiquement imagés pendant une durée de 4 mois.

Les niveaux 1A seront produits par Spot Image, les niveaux supérieurs seront produits par le centre de production MUSCATE du CNES et distribués au plus grand nombre d'utilisateurs courant 2013, via le portail du PTSC (Pôle Technique Surfaces Continentales).

Cette opération technologique, exceptionnelle par sa durée, par l'importance des ressources qu'elle mobilise et par la grande valeur ajoutée qu'elle confère à un système en fin de vie, laissera un peu de répit à SPOT4, avant les opérations de désorbitation, prévues en juin prochain.

L'ensemble de l'équipe Take Five, très impliquée et très motivée, tant côté CNES (OP, ME, SB, SI, ...) que côté Spot Image, est enthousiaste à l'idée d'utiliser encore un peu ce monument, et de le lui dire : avant qu'il nous quitte définitivement : "take five" ("prends 5 minutes") !


15/03/2011 : Seisme et tsunami au Japon - SPOT 5 fournit des cartes aux services de secours

Carte du 14/03/2011 couvrant la zone entre Fukushima et Ishinomaki Mise à jour du 15 mars 2011 :

Le SERTIT a continué la cartographie des dégâts plus au nord du Japon grâce aux acquisitions SPOT du dimanche 13 mars, et a envoyé les cartes ainsi produites à Matthieu Grialou, représentant du CNES à l'ambassade de France au Japon. Sur les 400 kilomètres de côte photographiés, le SERTIT a inventorié 900 zones détruites.

Dès que la Direction de la Sécurité Civile aura confirmé le lieu d'intervention exact du détachement français, le SERTIT produira également des cartes à partir des données très haute résolution des satellites américains, si elles existent.

Ci-joint, 4 cartes des zones sinistrées produites hier par le SERTIT :

Carte du 14/03/2011 couvrant la zone de Minamisanriku
Carte du 14/03/2011 couvrant
la zone de Minamisanriku
Carte du 14/03/2011 couvrant la zone de Ofunato
Carte du 14/03/2011 couvrant
la zone de Ofunato
Carte du 14/03/2011 couvrant la zone entre Minamisanriku et Yamada
Carte du 14/03/2011 couvrant
la zone entre Minamisanriku et Yamada
Carte du 14/03/2011 couvrant la zone entre Miyaku et Hashikami
Carte du 14/03/2011 couvrant
la zone entre Miyaku et Hashikami

Voir les cartes de la catastrophe sur le site du SERTIT

Vendredi 11 mars, 14h46 heure locale (6h46 heure de Paris) : la terre tremble pendant 2 interminables minutes sur toute la côte est de l'île Honshu au Japon. On enregistre 8,9 sur l'échelle de Richter, du jamais vu depuis 30 ans au Japon, pourtant régulièrement frappé par des séismes.

Provoqué par ce séisme dont l'épicentre est situé à moins de 125 km des côtes japonaises, un tsunami vient ravager la zone côtière des préfectures de Fukushima, Iwate et Miyagi en menaçant la ville de Sendaï (1 million d'habitants) moins d'une demi heure après. Des vagues de 10 m de haut dévastent le littoral, écrasent immeubles et voitures, charrient des bateaux à plusieurs kilomètres à l'intérieur des terres, provoquent l'arrêt de centrales nucléaires et font craindre un accident nucléaire majeur à la centrale de Fukushima.

Moins d'une heure après les premières secousses, la Charte Internationale Espace et Catastrophes Majeures est déclenchée par l'agence spatiale japonaise (JAXA) pour le compte du Cabinet Office japonais (7h35 heure de Paris).

Avant même la réception de la requête officielle, le CNES demande à Astrium Geo Information Service (SPOT Image) de programmer en urgence des acquisitions SPOT-5 sur la zone touchée, puis se coordonne avec le Chef de Projet nommé par la JAXA à 10h55.

Malgré les prévisions de couverture nuageuse peu favorables, le CNES décide de programmer deux séries de prises de vue SPOT-5 pour répondre à la demande du Chef de Projet, qui concerne plus de quatre cents kilomètres de côte. Le premier plan d'acquisition, optimisé pour intégrer la préfecture de Fukushima (dans laquelle se trouvent des centrales nucléaires et barrages), est complété par un autre plan couvrant la zone de Kamaishi qui comporte de nombreuses villes côtières et où est installée une autre centrale nucléaire.

En prévision du week-end, le CNES et SPOT Image conviennent de mobiliser leurs équipes le samedi pour produire les images acquises le matin et les mettre sur un site Internet accessible à tous les acteurs de la Charte Internationale.

Le CNES a aussi proposé au Chef de Projet JAXA d'apporter son support pour générer des cartes des dégâts. Cette proposition ayant été acceptée, le CNES a demandé au SERTIT (Service Régional de Traitement d'Image et de Télédétection) d'assurer la cartographie rapide des dégâts en créant de cartes directement exploitables par les services de protection civile. Une série de 7 cartes événementielles, issues de l'analyse des images acquises le samedi, a pu être établie en moins de 6h et mise à disposition des autorités japonaises dès le dimanche matin. Elles montrent que l'intégralité de la côte est terriblement touchée jusqu'à une distance, en moyenne, de 3.5 km à l'intérieur des côtes avec des pointes à 5 km.

Au total, le SERTIT a détecté 441 quartiers ou zones urbaines sévèrement endommagés ou détruits sur une longueur de 200 km de côte.

Ces cartes générées par le SERTIT ont aussi été transmises à la Sécurité Civile française afin de planifier les secours qu'apporte le contingent français parti dimanche 13 mars. Le SERTIT continue son travail de cartographie sur les images situées au nord et au sud des zones déjà photographiées et attend avec impatience les acquisitions SPOT du 13 mars. Celles-ci sont actuellement en cours de production à SPOT IMAGE et le SERTIT devrait avoir généré des cartes des dégâts en fin d'après-midi.

Il est important de noter que les 7 cartes d'évaluation de l'impact du tsunami sur la côte Nord-est de Honshu sont, pour cet événement, les premières cartes synthétiques couvrant une zone de plus de 100 km. En particulier, une série d'images SPOT 5 en couleurs réelles couvrant la côte sur une centaine de km autour de la ville de Sendai a pu être exploitée.

Les cartes fournies par des satellites de meilleure résolution mais couvrant une bande terrain de largeur plus limitée (RapidEye, GeoEye, QuickBird, etc...) sont plus détaillées mais moins stratégiques pour une planification des secours dans les premiers jours d'une crise majeure. Ce qui confirme que le compromis zone couverte/résolution de SPOT5 est extrêmement pertinent pour les désastres à grande échelle du type tsunami, et complémentaire des capteurs à plus haute résolution qui permettent d'établir des cartes de dommages aux bâtiments mais sur des surfaces beaucoup plus réduites.

Article rédigé par Catherine Proy et André Husson, représentants du CNES pour la 'Charte Internationale Espace et Catastrophes Majeures'


Convertion en réflectances des données SPOT

Document permettant de convertir les comptes numériques des produits SPOT en réflectances au sommet de l'atmosphère.

Ce document contient les formules de passage ainsi que les différents coefficients à utiliser pour tous les satellites SPOT : étalonnage, coefficients de changement de gain, éclairement solaire intégré dans les bandes spectrales...

SPOT ABSOLUTE CALIBRATION:
SYNTHESIS


Accès privilégié aux données Spot

  • Pour les laboratoires français : Programme ISIS financé par le CNES